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Ma Bulle ...

Ma Bulle ...

36 15 my life version " voila ce qui me fait trembler , rire , rêver , planer .." . Films, mangas, jeux videos , bouquins , zik ...

Publié le par Gally

Dimanche 30 novembre 2025 ...

Aujourd'hui on change de sujet ...

On va parler ciné !!!

Car ce dimanche matin n'a point été synonyme de grasse matinée mais de requins et d'un tueur cinglé !!!

Le Pitch : Australie : Zephyr, une jeune surfeuse au caractère bien trempé va devoir se surpasser quand son chemin va croiser celui de Tucker, un serial killer au mode opératoire très particulier qui va l'emmener dans une balade en mer pas comme les autres  ... 

Dangerous animals est une pelloche australo américaine réalisée par Sean Byrne déjà responsable du troublant The Loved one.

Le film est sorti durant l'été 2025.

GAFFE SPOILERS PLEIN DE DENTS CI-DESSOUS !!!!

Au casting on a la charmante Hassie Harrisson dans le rôle de Zephyr et Josh Heuston aka Moses ...

Parlons un peu de ces deux là ...

Au début du film, Zephyr est certes un chouia agaçante avec son côté lonely girl au cœur froid mais elle devient clairement beaucoup plus intéressante quand elle rencontre Tucker et que leur relation se met en place, elle montre sa force et sa rage de vivre et nom d'un requin chat (ça existe !!! ) ,on a juste ENVIE de la voir s'en sortir et se VENGER !!!  

Le personnage de Moses m'a laissée un peu dubitative à un moment parce que j'ai eu du mal à croire au fait qu'il se lance à la recherche de sa surfeuse chérie après une seule nuit de galipettes et puis j'ai arrêté de me poser trop de questions et j'me suis laissée porter par le film et au final Moses n'est pas trop mal écrit et il est choupi ... 

Et puis je ne peux pas cracher dans la soupe : ces deux là font vraiment bien le boulot, rendant leurs personnages super attachants, chose rare en général dans des films d'horreur ou l'on à souvent l'habitude de se taper des abrutis décérébrés qui méritent totalement de se faire charcuter ... 

Je tiens aussi à évoquer la jolie Ella Newton qui prête ses traits à la pauvre Heather ...

 On ne la voit pas longtemps mais je trouve qu'elle a une sacrée présence à l'écran, elle a un je ne sais quoi d'intense qui a marqué mon chti cœur  ...

MAIS si tout ce joli petit monde est bien sympa charmant toussa ...

Il et elles se font GRAVE voler la vedette par LUI !!!

Jai Courtney !!!

Il est INCROYABLE dans le rôle de Tucker, l'assassin sadique qui s'amuse à kidnapper ses proies pour ensuite les regarder être dévorées VIVANTES par des requins en pleine mer tandis qu'il filme pour enrichir sa collection de VHS !!! 

Courtney livre une interprétation que je trouve marquante de ce taré, il suinte la folie et son intelligence saupoudrée de puissance physique et de détermination font de lui un des Méchants les plus intéressants et malsains que j'ai vus depuis une ETERNITE !!!!

Tout en lui transpire le danger et si les requins lui servent d'arme pour tuer ses victimes, c'est quand même bien lui le cœur et le moteur de Dangerous animals. 

J'ai adoré sa bonhommie dans ses premiers moments du film et le changement brutal d'attitude quand il décide de montrer son vrai visage, Jai Courtney est vraiment incroyable dans ce rôle de voyeur sadique et implacable.

Et si le film de Sean Byrne est une vraie surprise, c'est parce que ce ne sont pas les requins qui sont au cœur de l'histoire mais plutôt le duel ultra intense entre Tucker et Zephyr .

La surfeuse n'est en effet pas une bête énième final girl qui se contente de fuir en hurlant, elle agresse verbalement Tucker en permanence, le provoquant, elle l'attaque même physiquement. 

Elle est dans l'instinct de survie , dans la chair, dans la résistance brute.

Face à un prédateur humain, Zephyr devient un animal affamé de vie prêt à se surpasser pour s'en sortir.

Et pour illustrer cela, Byrne n'hésite pas à la montrer se dévorant elle même pour échapper à son horrible destin en se mutilant une main à coup de dents afin de se libérer des menottes qui l'entravent.

A cet instant précis elle n'est plus humaine elle n'est qu'animal ...

Tucker quant à lui n’est pas simplement un tueur, il se prend pour un "médiateur" entre l’homme et les squales mais en réalité ce mec est avant tout un cinglé qui jouit de la violence en instrumentalisant ses chers potes les Requins ...

Je trouve qu'il a de faux airs de Matt Hooper dans les dents de la mer avec sa barbe et ses cheveux frisés et puis j'ai adoré la scène ou tel Buffalo Bill dans le silence des agneaux, il se trémousse en pensant à la rencontre à venir entre sa proie et les requins ...

Ceci dit, comme un bon gros tueur en série lambda, il a un mode opératoire et dés qu'un détail de son rituel est déréglé  il cesse d'arborer son masque froid pour montrer un visage fébrile et agressif même en public comme lors de cette scène brève ou il court acheter une nouvelle caméra oldschool après que Zephyr ait balancé la sienne à la flotte  ...   

Tucker incarne la forme la plus épouvantable de cruauté, celle qui ne vient pas de l’instinct mais de l’intention.

Il ne tue pas pour survivre ou pour célébrer ses potes Requins ...
Il tue pour son plaisir égoïste et ultra malsain ...

Tucker voulait utiliser Zephyr comme un réalisateur pervers mais celle-ci va lui échapper en faisant appel à cette animalité qui sommeillait en elle et elle va se battre de toutes les façons possibles, sans logique ni organisation.

Et les requins là dedans me demanderas tu ?

Ben figures toi que le film de Byrne les montre tels qu'ils sont. 

Des poissons.

De GROS poissons.

Avec plein de dents.

Mais des poissons avant tout.

Ils ne sont pas maléfiques.
Ils ne sont pas complices.
Ils ne sont pas symboliques.

Ils sont La Nature.

Et ce qui est dingue et brillant dans cette confrontation Zephyr / Tucker, c’est que le prédateur humain est infiniment plus terrifiant que tout ce qui nage sous la coque du bateau.

Le requin tue pour manger.
Tucker tue pour jouir.

Pour le reste ...

La BO composée par Michael Yezerski est top et parsemée de bons morceaux de ziks familiers qui font plaisir à entendre.

La réalisation de Byrne est nerveuse et le rythme du film ne laisse aucun répit au spectateur.

Les dialogues sont bien écrits. 

Le huis clos sur le bateau de Tucker est vraiment étouffant à souhait. 

La photographie surtout de nuit est top.

Le montage est précis ... 

Et ô joie on voit de vrais requins , Sean Byrne ayant insisté pour que son film montre de véritables bestioles et pas des machins en CGIs froides et aseptisées .

Du coup ceux que tu vois à l'écran sont issus de plans filmés de vrais bestiaux qui ont été intégrés après modifications ici et là à la pelloche ce qui a pris pas loin de 8 mois de boulot en postproduction. 

Le film a été tourné sur la Gold Coast Australienne en pleine mer et ça n'a pas du être simple lors de certains plans genre çui là ?  

Du début à la fin j'ai senti que le réalisateur savait exactement ou il voulait emmener ses spectateurs et avec moi ça a fonctionné du feu de dieu.

C'était pas gagné de faire un film hybride entre shark movies et pelloche de serial killer mais Sean Byrne a totalement réussi  ...

J'ai lu lors de mes recherches que Byrne a dit que si le film " les dents de la mer " a désigné les requins comme des monstres, lui il a voulu coller la cible sur l'homme et je trouve ça vraiment cool.

Il y a juste 3 petits détails qui m'ont fait froncer les sourcils :

1) Comment Zephyr fait elle pour remonter à bord du bateau de Tucker vers la fin du film ?? 

Le bastingage du rafiot est super haut alors comment elle a réussi à sortir de la flotte pour revenir à bord?

2) Ou est l'intérêt de la scène ou le cordage s'enroule autour des chevilles de la jeune femme qui est entrainée violemment sous l'eau par le requin qui vient d'attaquer Tucker ?

3) Tucker ne souffre pas assez à la fin nom d'un aileron, il meurt TROP VITE !!! J'aurais TELLEMENT adoré le voir finir à son tour suspendu au dessus de l'eau tandis que des requins nagent sous ses pieds ...  

A part cela je n'ai absolument RIEN à reprocher a Dangerous Animals qui m'a arrachée à cette torpeur dans laquelle je stagnais depuis quelques temps à cause des films/séries inintéressants que je matte en espérant tomber sur un truc cool ...

Cela me fait un bien fou de venir ici te parler d'un film !!!

En conclusion :

Je ne m’attendais pas à aimer Dangerous Animals autant.

En lançant la pelloche je pensais voir un truc un peu bourrin, une histoire de requins de plus mais à la place j'suis tombée sur huis-clos brutal et viscéral, porté par un méchant effroyablement crédible.
Ce film m’a captivée parce qu’au fond, il rappelle une vérité simple :
les vraies bêtes ne sont pas toujours sous l’eau.
Parfois, elles marchent parmi nous.
Et parfois et heureusement, elles finissent par couler.

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Publié le par Gally

Fin 2012/début 2013 ...

Je suis en week end ...

Minimwa est partie la veille au soir chez son pôpa, j'ai fini tout ce que j'avais à faire et me voilà posée devant mon pc à me demander quel film j'vais bien pouvoir regarder ...

J'ai un dossier qui contient des dizaines et des dizaines de pelloches d'horreur/épouvante de toutes les époques et de tous les genres donc j'ai l'embarras du choix ...

A un moment le curseur de ma souris se pose sur Sinister, descend vers la pelloche suivante et revient sur Sinister ...

Je ne me souviens plus pourquoi j'ai chopé ce truc et du coup je go check de quoi ça cause toussa ...

 Et donc Sinister raconte l'histoire d'Ellison Oswalt, auteur de true crime en perte de vitesse, qui emménage avec sa famille dans une nouvelle maison sans leur dire que cette jolie bicoque a été le théâtre d'un meurtre atroce : toute une famille y a été retrouvée pendue à un arbre, sauf la plus jeune des enfants qui est portée disparue.

Alors qu’il fouille le grenier pour préparer son prochain livre, Ellison découvre une boîte de films Super 8 intitulés innocemment : BBQ 79 , Sleepy Time ou Pool Party …

Mais en les visionnant, il réalise que ce que l'on voit sur ces films ce ne sont pas d'innocents moments de vie mais des meurtres commis d'horrible manière sur différentes familles à travers les décennies.

Et à chaque fois, une silhouette étrange apparaît parfois à l’arrière-plan des images ... 

Si le pitch ne m'inspire pas des masses, le nom d'Ethan Hawke au casting m'intrigue, j'aime beaucoup cet acteur donc zou, je lance le film ...

Et je sors de ce visionnage complétement terrorisée.

Parce que dans Sinister il y a lui ...

Non, ce n'est pas un cosplay raté d'Eric Draven ou un métalleux un lendemain de concert ... 

Laisse moi te présenter Bughuul aka Bagul dans la version francisée.

On l'appelle aussi The Eater of children ou le dévoreur d'enfants et il est au cœur de Sinister.
Ce n’est pas un fantôme ou un simple démon folklorique : c’est un prédateur ancien qui se nourrit des âmes des enfants.

Le film laisse volontairement planer le mystère quant à ses origines et sa nature mais quelques indices se dessinent ici et là ...

Bagul proviendrait d’un espace entre les mondes, un peu comme un univers parallèle et sa légende dit qu'il a été vénéré dans plusieurs cultures anciennes notamment au Moyen-Orient où il apparaissait comme une entité tentatrice et maléfique.

Tel un Freddy Krueger utilisant les rêves de ses victimes pour se lier à elles et assurer sa survie, Bagul se sert de l'art (dessins, symboles, images) comme des portails pour accéder à ses proies.

Il n’a pas de corps vivant mais est plutôt une présence qui se glisse dans les images et qui se tapit dans les ombres des supports visuels modernes.

Bagul ne tue pas lui-même les familles et c'est précisément là que Sinister devient cauchemardesque ....

Il choisit un enfant avec lequel il commence à communiquer de façon subtile via des dessins, des cauchemars ou de fugaces apparitions dans les ténèbres.

Par le biais de son lien avec l'enfant, il réussi à le faire entrer dans son univers tout en se glissant dans la réalité des hommes et il se met à apparaitre un peu partout autour du môme ... 

Enfin et en échange de fausses promesses, il convainc sa jeune proie de massacrer sa propre famille et de filmer la scène afin d'alimenter l'horrible œuvre de Bagul qui emmènera le jeune meurtrier dans royaume ou il sera condamnée à lui obéir, son âme étant à jamais captive de ce monstre ...

On peut clairement parler d'un rituel immonde ...

Parce que crois moi, les mises à mort des familles qu'on entrevoit sur les films en Super 8 sont des moments glauquissimes au possible ...

Mais revenons à ce bon vieux Bagul ...

Il n'apparait jamais frontalement sauf s'il désire se montrer mais on peut percevoir sa silhouette furtive sur les films Super 8 ou son visage étrange figé et immobile fixant le spectateur tandis que des enfants fantômes errent dans la maison ...

Bagul est, à l'instar de ma Sadako chérie, une espèce de virus qui se transmet par le biais de l'image ...

Et ...

Si tu le regardes  ...

Il peut te regarder en retour.

Bagul me terrifie.

Parce qu'il ne parle ou ne crie pas et je trouve ça pire qu'un prédateur/monstre/fantôme qui attaque car en observant et en attendant, il génère une peur reposant non pas sur l'action mais sur l'intention ...

Il observe.

Il choisit.

Il parasite.

Puis il attend ...

Il est immobile sauf quand il tourne soudain la tête vers celui qui regarde les exploits de " ses enfants " ...

Il est lié à l'image et donc à ce que NOUS regardons nous mêmes et cela rend sa présence d'autant plus glaçante et dérangeante ... 

Il a ce visage blanc et figé presque humain mais pas tout à fait avec un je ne sais quoi de déformé et de malsain ... 

Il ne tue pas lui même mais pousse les mômes à se retourner contre leurs familles ce qui donne des scènes vraiment ultra creepy qui m'ont arrachée à ma zone de confort  ... 

Il agit souvent hors champ et en silence ...

Il est là ...

Comme une tâche sombre dans un coin du cadre ...

Comme un parasite dans la pellicule qui n'existe que parce qu'on le regarde ... 

En conclusion :

La prochaine fois que tu te matteras une pelloche et que tu te diras qu’un film n’est qu’un film  et qu'une image n'est qu'une image ...

Pense à ceci ...

Parfois ce n'est pas TOI qui regardes l'écran ...

C'est l'écran qui te regarde  ...

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Publié le par Gally

 

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Publié le par Gally

D'aussi loin que je me souvienne et j'ai une excellente mémoire, j'ai toujours eu peur du noir. 

Ou plutôt, j'ai toujours eu peur de ne pas être seule dans le noir.

Le premier souvenir lié à cette étrange impression remonte à une nuit d'été dans ma chambre de petite fille.

Je devais avoir 8 ans ? 

Mes parents avaient récupéré une ancienne et vieille armoire familiale en bois avec des miroirs sur les deux portes qu'ils avaient installée dans ma chtite bulle afin d'y mettre mes vêtements.

Elle était jolie cette armoire.

Le jour en tout cas.

Parce que la nuit venue elle prenait une autre allure.

Je me souviens que souvent, alors que j'étais allongée dans mon lit, serrant dans mes bras mon Guardian, je la devinais dans l'obscurité, massive, énorme, m'observant silencieusement ...

Et donc une nuit d'été ...

La journée avait été caniculaire et maman avait laissé les fenêtres de ma chambre ouvertes pour laisser entrer la fraicheur de la nuit.

C'était une nuit de pleine lune (forcément) et une lumière fantomatique dansait à travers les lamelles en bois des persiennes que ma mère avait légèrement baissées ...

Comme il faisait décidemment trop chaud, je n'arrivais pas à dormir et me tournais et retournais dans mon lit en évitant de regarder dans la direction de l'armoire.

Et puis j'ai entendu un son qui a pétrifié sur place la petite fille que j'étais.

Une des portes de l'armoire était en train de s'entrouvrir en grinçant.

Je connaissais ce bruit car je l'entendais à chaque fois que j'ouvrais ou refermais les portes de ce vieux meuble tandis que je préparais mes affaires ou que je cherchais un pyjama ...

Et me voilà allongée dans la pénombre de cette chambre étouffante, mon ours en peluche dans les bras, les yeux écarquillés fixés sur la silhouette massive de cette fichue armoire, muette de terreur, incapable d'appeler à l'aide ...

Le temps s'était comme figé.

Je me souviens confusément du bordel dans ma tête et des battements de mon cœur qui battait à tout rompre tandis que je m'attendais à entendre le plancher en bois de ma chambre craquer sous le poids de quelque chose émergeant de l'armoire ...

Mais il ne s'est rien passé.

Pas de mouvement ni de bruit ...

Je suis restée immobile et silencieuse, étouffée par cette Terreur que seuls les enfants peuvent ressentir et j'ai attendu et attendu encore jusqu'à ce qu'ENFIN j'entende mes parents se lever dans la chambre voisine ...

A ce moment là je me suis levée et j'ai couru ouvrir la porte de ma chtite bulle sans me retourner, tombant nez à nez avec ma mère qui, étonnée et un peu agacée de me voir déjà réveillée, m'a conseillé de retourner dormir un peu ...

Ce que je n'ai évidemment pas fait. 

Je suis descendue me pelotonner sur le divan du salon ou je me suis rendormie une paire d'heures.

Quand je me suis réveillée, le soleil brillait et la maison était envahie par sa lumière ce qui m'a donné l'énergie et le courage d'aller voir l'armoire.

J'ai monté les escaliers d'un pas ferme, je suis rentrée dans ma chambre et elle était là ...

Jolie et familière.

La porte de droite était ouverte.

Je n'ai jamais su ce qui s'était passé cette nuit là ...

Cela ne s'est jamais reproduit.

Ce qui est sûr c'est que ce souvenir est resté à jamais gravé dans ma mémoire et a forgé toutes les nuits de ma vie ...

Depuis cette nuit-là, quelque chose s’est installé en moi.
Pas une phobie ou une espèce de terreur incontrôlable mais quelque chose de plus subtil et de plus insidieux :

Un vieux reflexe ...

L’enfance est passée, j'ai grandi et je suis devenue une adulte qui paye ses factures et gère son quotidien tout en affrontant parfois des choses autrement plus sérieuses qu’une armoire grinçante …

Et pourtant ...

Il suffit d’un rien .

Un bruit indistinct venant du rez de chaussée alors que je suis seule à la maison ..

Une marche de l'escalier en bois qui craque alors qu'il n'y a personne ...

Pour que cette sensation ancienne revienne ...

Je ne suis plus la petite fille immobile, pétrifiée dans son lit mais depuis cette nuit, je ne suis jamais totalement sereine non plus.

Parce que le noir, pour moi, ce n’est pas juste l’absence de lumière.
C’est un espace qui attend ...
Un endroit où la réalité perd un peu de sa solidité.
Un lieu où tout devient possible même ce que je sais rationnellement impossible.

Quand j’éteins les lumières de Ma Bulle avant d'aller me coucher, j’ai toujours cette microseconde où mon cerveau me chuchote : " Si quelque chose devait surgir du Noir, ce serait maintenant Gaëlle" ...

Et cette pensée est comme un écho de la petite fille que j’ai été qui me murmure : " Je suis encore là, tu sais et moi aussi, j’ai peur. "

(Art by RedTRaccoon)

Le noir n’est pas mon ennemi mais ce n’est pas un ami non plus.
C’est un territoire neutre voire dangereux par ce qu’on y projette, par ce qu’il pourrait cacher tandis que la maison semble retenir son souffle.

Et je me demande souvent si on guérit un jour de cette peur-là.
Ou si on apprend juste à vivre avec.

En conclusion :

On dit que la peur du noir appartient aux enfants.
Moi je sais que c’est faux.

Le noir n’a jamais tenté de me faire du mal mais je ne lui fais jamais totalement confiance .

Parce que dans le noir, il suffit d’un petit bruit, d’une ombre mal placée pour que l’armoire s’entrouvre à nouveau dans ma mémoire.

Et dans ces moments là, la petite fille que j’étais marche à côté de moi en serrant fort son Guardian ...
On avance ensemble et le noir reste derrière nous, juste assez loin pour ne pas oublier qu’il existe.

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Publié le par Gally

Fin 2001 ...

Je vis dans un petit studio à Calais.

Pour gagner ma vie, je bosse dans un magasin de fringues.

Le job n'est pas passionnant ni enrichissant mais il paye bien ...

Je suis une jeune femme indépendante et assez solitaire, faut dire que passer mes journées entourée de monde et de bruit, ça ne me donne pas très envie de sociabiliser ... 

Une fois rentrée chez moi, je m'évade en allumant une de mes consoles et je passe des heures à jouer ...

J'aime particulièrement les jeux flippants genre Resident Evil et ...

Silent Hill. 

J'ai écumé Silent Hill 1 pendant des heures et suis ressortie de cette expérience vidéo ludique sur les rotules, jamais un jeu ne m'avait emmenée aussi loin dans la terreur et le malais ...

Quand Silent Hill deux est sorti j'étais plus que ready ....

Un soir et après avoir négocié avec ma cheffe, j'ai quitté le taf plus tôt que prévu et j'ai foncé au magasin de jeux vidéos proche de ma piaule et chez lequel j'avais réservé Silent Hill deux.

Une fois le précieux en poche, le cœur battant, j'ai tracé ma route jusque chez moi, j'ai fermé la porte à double tour, une douche vite fait, pyjama, clopes et ....

J'ai lancé le jeu ...   

Et je m'y suis perdue à tout jamais ...

J'ai fini Silent Hill 2 en très peu de temps.

Parce que j'étais affamée de comprendre et de découvrir ce qui se cachait autour de James et au fond de lui ...

Silent Hill 2 n’avait rien d’un simple “survival horror”.
Ce n’était pas un jeu où tu te contentais de survivre ...
C’était un voyage dans une ville malade et dans un esprit encore plus malade.

Dès les premières minutes, on comprend que quelque chose cloche.
Tout est plus lent, plus silencieux, plus lourd.
La brume semble vivante, les rues respirent et les bâtiments semblent attendre le joueur.

Et surtout, Silent Hill 2 n’attaquait pas frontalement.
Il rampait.
Il s’insinuait.
Il me suivait jusque dans ton lit et dans tes rêves.

Et puis, au détour d’un couloir sale et trop étroit, il est apparu.

Pyramid Head.

LA créature emblématique de ce jeu, celle qui m'a terrorisée et qui continue à hanter ma mémoire.

Pyramid Head n’a pas de visage.
Il a un poids.

Cette masse triangulaire de métal rouillé qui remplace sa tête n’est pas un casque : c’est une condamnation.
Une guillotine qu’il porte en permanence.

Son corps est musclé sans être celui d'un guerrier.
A l'instar d'un Michael Myers, PH est implacable, lent, inarrêtable.
Sa peau est pâle, maladive, couverte de sang séché.
Et dans sa main, il tient une lame gigantesque, une espèce de couteau de boucher rallongé à l’extrême, qu’il traîne plus qu’il ne la porte.

Ce son, ce raclement métallique est presque pire que sa présence  ...

 

Pyramid Head, ce n’est pas un monstre.
C’est Le Monstre de James.

Un bourreau.
Un juge.
Une punition.

Il est l’incarnation physique de la culpabilité, du dégoût, du désir frustré, de la violence enfouie au fond de James Sunderland.
Ce que James refuse de voir, PH le met en scène.
Ce que James déteste en lui-même, PH l’expose.
Ce que James a fait, PH le répète symboliquement, encore et encore.

Il n’est pas seulement là pour tuer.
Il est là pour faire COMPRENDRE.

Et c’est pour cela qu’il ne parle pas.
Il n’a pas besoin.
Son silence est une sentence.

PH je vais le recroiser encore et encore, je vais le voir, dans une scène qui est restée gravée à jamais dans ma mémoire, violer certaines de ces choses vaguement humaines et féminines qui errent dans les rues de Silent Hill ..

Je vais souvent le fuir parce que je n'ai pas le stuff nécessaire pour un vrai fight avec lui jusqu'à ce final anthologique au cours duquel je vais devoir l'affronter ... 

Ceci dit, PH n’est pas un boss.
Il n’est pas un antagoniste.

Il est un miroir.

Et c’est pour ça que dès sa première apparition, avant même qu’il ne touche James, il m’a écrasée de peur.

On ne fuit pas Pyramid Head.
On fuit ce qu’il représente.
Et ce qu’il représente nous rattrape toujours.

Pyramid Head fait partie de ces créatures qui me hantent.

Je n'oublierai jamais ces soirées passées à arpenter les rues brumeuses et les couloirs oppressants de Silent Hill en écoutant le crépitement stressant de ma radio, son signifiant que quelque chose de pas glop approche de moi ...

Je n'oublierai jamais la PEUR intense que j'ai ressentie plus d'une fois, à en crier de trouille par moment quand PH avançait inéluctablement vers moi ...

Je n'oublierai jamais le sentiment étrange qui m'a étreinte quand je suis allée au bout du jeu et que j'ai compris ce qui s'était passé et pourquoi James était là et ce qu'était PH ...

Mélange de soulagement d'avoir fini le jeu et ...

De choc ?

Oui j'ai été choquée par la fin ...

Surtout quand en repensant au cheminement que j'avais fait tout le long de ma partie, j'ai réalisé qu'en fait PH me guidait à sa façon, me poussant vers une Vérité que James n'était pas prêt à affronter ...

 

Pour moi, PH est l’une des créations les plus intelligentes, les plus puissantes et les plus dérangeantes de toute l’histoire du jeu vidéo.

Pas parce qu’il est fort.
Pas parce qu’il est violent.
Pas parce qu’il est flippant visuellement.

Mais parce qu’il représente quelque chose que nous fuyons tous.

La vérité qu’on ne veut pas voir.

La culpabilité qu’on étouffe.
Les actes qu’on regrette.
Les pulsions inavouables.
Les blessures qu’on cache même à soi-même.

Pyramid Head est un monstre qui ne vit pas en dehors du joueur.
il existe DANS le joueur.

Il ne poursuit pas James Sunderland parce qu’il veut le punir.
Il le poursuit parce que James ne peut plus fuir ce qu’il a fait.

Ce silence, ce poids, cette lenteur…
C’est l’allégorie parfaite de la culpabilité qui n’a pas besoin de courir pour te rattraper.

Ça te suit.
Ça s’impose.
Ça pèse.

Et toi, tu le sais.
Tu le sens.
Tu peux détourner les yeux, mais il est toujours là.

Ce qui me frappe le plus chez lui, ce n’est pas sa violence.

Ce n’est même pas sa présence.

C’est son RÔLE.

Il n’est pas méchant.
Il n’est pas sadique.

Il est INEVITABLE .

Pyramid Head n’attaque jamais au hasard.
Il frappe quand James est prêt à affronter la vérité et ce même s’il ne le sait pas encore.

Il agit comme une force karmique, une manifestation de justice brute et malsaine.

Et quand James comprend …
Quand il accepte ce qu’il a fait…

Pyramid Head disparaît.
Parce qu’il n’a plus de raison d’exister.

PH est littéralement créé par la culpabilité d’un homme et il cesse d’exister quand sa mission est remplie ...

En conclusion:

Jamais un jeu ne m'avait autant remuée émotionnellement ....

Le soir ou j'ai fini Silent Hill 2 pour la première fois j’ai compris que certains monstres existent pour nous montrer ce que nous refusons de voir.

Et même après avoir lâché la manette et avoir éteint la tivi pour " revenir " vers ma " vraie " vie  ...

Pyramid Head est resté en moi, dans un coin de mon esprit, à traîner sa lame sur le sol de ma mémoire .
Il n’est jamais vraiment parti.

In my restless dreams ...

I see that town ...

Silent Hill ...

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Publié le par Gally

Putain de bordel de MERDE !!!!!!!!!!!!

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Publié le par Gally

Il y a une douzaine d'années de cela , alors que je lurkais comme à mon habitude sur le topic r/WTF sur Reddit , j'suis tombée sur cette tof ...

Le mec qui avait posté ce cliché expliquait qu'il avait eu envie de prendre une photo panoramique de l'intérieur du chalet familial ou lui et des proches passaient du bon temps ...

Au premier plan on voit les pieds du redditeur , autour de lui, des personnes qui se reposent, bullent tranquillement ...

Elles semblent toutes apaisées, totalement absorbées par l’ambiance douillette.

L'atmosphère semble être calme et zen et chaleureuse ..

Un poêle à bois distille une douce chaleur et un halo coloré qui fait danser des reflets sur tout ce qui l'entoure ... 

La lumière bleutée d'un écran de tv éclaire les visages assoupis et les objets épars ...

Un joyeux bordel semble régner avec des tas d'affaires étalés ici et là et au fond la cuisine diffuse une lumière jaune et rassurante : celle du quotidien, des soirées tranquilles.

Jusque là tout semble normal n'est ce pas ? 

Mais laisse ton regard glisser vers la gauche de la photo ( oui je sais celle que j'ai postée est minuscule et il est difficile de bien voir ) ...

Regarde attentivement cette grande baie vitrée ouvrant sur l'extérieur ...

La lumière du feu danse sur le verre mais derrière ce reflet l’obscurité est quasi totale ...

Et c’est là précisément que se trouve l’élément qui va faire entrer cette photo dans la légende de Reddit ...

Parce que dehors ,il y a une silhouette humaine.

Elle se tient droite ...

Elle est immobile ...

Elle semble être légèrement penchée comme si elle observait ... 

Et dernier petit détail qui fait le " charme " de cette silhouette , elle est éclairée par une lumière extérieure verdâtre qui accentue encore plus sa présence sur cette photo ...

On ne distingue pas clairement son visage.
Juste un corps immobile, figé, presque spectral.

Le contraste est saisissant :

A l'intérieur : chaleur, lumière, sommeil, vie.

Dehors : froid, immobilité, silence, attente.

Cette photo m'a fait très peur la première fois que je l'ai vue.

Pas à cause de la silhouette en elle-même parce qu'après tout, c’est sûrement juste un bug de panorama mais à cause de ce qu’elle évoque.

Ce qui m'a vraiment effrayée ce cliché, c’est l’idée qu’une présence étrangère puisse se tenir juste derrière une vitre, à deux pas de la lumière, sans bruit, sans prévenir.

Ma bulle irl, mon Home Sweet Home, c’est bien plus qu’un lieu, c’est mon cocon, ma forteresse, là où je baisse la garde et où je me sens enfin en paix.

Ma chtite maison est dotée de grandes fenêtres qui laissent passer une lumière douce et chaude quand la nuit tombe ...

Et l'idée que quelqu'un ou quelque chose puisse lurker chez moi avec peut être des idées à la con en tête ..

Cela réveille en moi cette trouille intime, ancienne et viscérale : celle de l’intrusion.

Pas l’effraction violente, non.
L'intrusion silencieuse ...

Par quelque chose ou quelqu'un qui a attendu et observé en silence ..
Comme une ombre patiente au bord de ta vie, prête à franchir ce mince fil qui sépare ton refuge du reste du monde.

Un lurker chelou ...

Un ex chtarbé ...

Un cambrioleur ...

Un fantôme ...

Dans les trois premiers cas j'pense que je saurais un peu me défendre, la preuve, récemment, alors que je cuisinais, j'ai entendu un bruit zarbi au rez de chaussée et direct j'ai chopé un de mes mégas couteaux de cuisine et j'me suis dirigée vers le haut des escaliers prête à frapper . 

Pour ce qui est du fantôme là ça deviendrait plus compliqué mais BREF je digresse ...

Ce que je ne supporterais pas, ce qui me dérange énormément c'est l'idée que Ma Bulle puisse être violée par une présence que je n'ai pas invitée  ....

Je suis une méga solitaire irl et j'ai beaucoup de mal à accepter de laisser venir des gens chez wam en temps normal alors si je découvrais un jour qu'un intrus serait rentré dans mon home Sweet Home sans y avoir été convié  ...

Je crois que dans un premier temps j'entrerais dans une rage folle et il vaudrait mieux pour l'intru qu'il ne se trouve plus sur place sous peine de se voir être sévèrement molesté ...

Chuis peut être petite et plus tout jeune je n'en demeure pas moins très agressive et pleine d'énergie quand on touche à ce qui compte pour moi  ...

Et après il me faudrait un temps fou pour me réapproprier Ma Bulle ...

Rien que cette idée qu'un quidam fouine partout chez moi ...

Brrrrrr ...

Et beurk ...

J'me sentirais souillée et salie ...

Comme je le disais plus haut, ma maison est dotée de grandes fenêtres et depuis que les températures ont commencé à descendre +++ par ici, tous les soirs je ferme les volets et les rideaux de Ma Bulle pour préserver la chaleur ...

Et à chaque fois, je pense à cette foutue photo ...

BREF !!!

Voilà !!

C'était mon Monstre du jour : l'Intrus ...

En conclusion :

Ce n’est qu’une photo, oui.
Mais elle me rappelle un truc essentiel :

Je peux gérer un zombie, un ex chtarbé, un cambrioleur, un bruit suspect.
Je peux tenir un couteau, fermer les volets ..

Mais l’idée qu’une présence qu'elle soit vivante ou pas, puisse juste se tenir là, dans le noir
à regarder ma maison respirer en prévoyant peut être d'y entrer pour fouiner …

Ben ça, ça m'fout les jetons.

Les pires monstres ne brisent pas les vitres.
Ils attendent derrière ...

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Publié le par Gally

En août dernier, je publiais sur mon chti blog un article évoquant la légende des cosmonautes soviétiques envoyés dans l’espace pour la plus grande fierté de la mère patrie…

Avant d’y être abandonnés, condamnés à une mort solitaire et atroce, ignorés de toutes et de tous parce que : opération secrète, guerre froide, toussa toussa.

Bien sûr, c’est une légende.

Mais en me replongeant dans cette histoire, quelque chose s’est réveillé.
Une peur étrange, familière, celle-là même que j’avais ressentie en allant voir Gravity au cinéma, quand Sandra Bullock était arrachée au harnais de sécurité qui la reliait à la station spatiale et commençait à flotter dans le vide ou lorsque Félix Baumgartner a sauté depuis t
out là-haut.
Tu te souviens ?

Au-dessus de lui le vide et l'obscurité froide ...

Le vide sous ses pieds.

Le silence.

Ce sentiment d’irréalité.

Cette chute qui semblait sans fin ....

Ce vertige pur qui fait battre mon cœur plus vite à chaque fois que je revois cette scène ...

Et donc, en ce mardi 18 novembre gris et froid, mon “monstre” du jour sera…

L'Espace 

Tu vois cette photo?

Elle illustre à elle seule tout ce qui me terrifie.

Cette image mythique montre l’astronaute Bruce McCandless II pendant la mission STS-41B en 1984. 
Et voici la partie flippante :

Il a été le premier humain de l'Histoire à flotter dans l'espace sans être relié à RIEN.
Aucune corde ni attache ni aucun lien avec la navette Challenger.
Juste lui, son scaphandre et un engin appelé MMU (Manned Maneuvering Unit), un propulseur dorsal expérimental.

Il s’est éloigné jusqu’à 100 mètres de la navette.

Et si c'est une prouesse technologique et humaine incroyable ...

Moi je vois surtout une silhouette humaine, un petit point blanc perdu dans un noir TOTAL…
Et sous elle, la Terre, immense, magnifique, froide, inaccessible.

Et ce qui est terrifiant pour moi dans cette image, ce n’est pas seulement le vide .

C’est l'absence d'accroche.

Aucun sol.
Aucune direction.
Aucun bruit.
Aucun repère.

Pas d'ancrage.

Pas de gravité.

Et encore et toujours ce Vertige infernal qui me glace le sang ... 

Si cette personne lâche son propulseur, si elle dérive ne serait-ce que de quelques mètres dans la mauvaise direction …

Elle ne tombe même pas.
Elle flotte.
Et continuerait à flotter.
Pour toujours.

Seule face à elle même , à sa peur , à cette mort solitaire loin de la terre et de ses proches ...

Elle disparaitrait à jamais dans quelque chose qui ne lui répondrait pas et au delà d'une mort atroce , elle serait confrontée à la Solitude.

Pas la solitude émotionnelle ou psychologique.
Mais une solitude physique et cosmique.
L’espace est une immensité qui n’a pas de murs ...

Et son immensité, son indifférence, sa beauté ...

Tout cela me fascine et me fait peur ... 

En conclusion :

Les monstres dont j'ai commencé à te parler ici depuis quelques temps, veulent quelque chose de nous en général .
L’Espace, lui, ne veut rien.

Et c’est peut-être pour ça qu’il me terrifie autant :
là-haut, si tu dérives, tu ne tombes même pas.

Tu glisses.
Tu t’éloignes.

Et petit à petit, tu deviens un point, puis plus rien.

L’Espace ne tend pas de pièges.
Il ne poursuit pas.
Il ne griffe pas.

Il attend ...

Et parfois ...

Il avale ...
 

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Publié le par Gally

 

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Publié le par Gally

Aujourd'hui, je vais te parler de Fantômes ...

Ou plutôt, je vais te parler d'UN Fantôme que j'ai croisé alors que j'étais beaucoup trop jeune et qui a marqué à jamais ma mémoire  ...

Laisse moi te présenter Joseph.

(Oui bon ok là tu vois " juste " un vieux fauteuil roulant MAIS Joseph est assis dedans et il observe les deux héros du film depuis le haut des escaliers)   

Joseph est au centre du film d'épouvante " The Changeling " réalisé par Peter Medak et sorti en 1980 avec dans le rôle principal, le génialissime George C Scott ...

Joseph est l'esprit en colère d'un petit garçon assassiné par son propre père pour une sordide histoire d'héritage, il hante depuis les couloirs d'un immense manoir Victorien que John Russel, compositeur réputé qui a fui New York après la mort de sa femme et de sa fille, loue pour s'y isoler et recommencer à composer 

Très vite, John est témoin de plusieurs manifestations inquiétantes qui vont le pousser à mener une quête de vérité qui permettra à Joseph de peut être, trouver la paix...

On ne voit jamais vraiment Joseph.

A un moment, John entrevoit brièvement comment l'enfant est décédé et l'on devine fugacement la silhouette et le visage d'un garçonnet fluet et fragile.

Sa mort est abominable.

Ce qui rend Joseph terriblement flippant à mes yeux c'est la façon dont le réalisateur du film, Peter Medak, le met en scène ...   

  • Des coups sourds récurrents qui résonnent tous les jours à la même heure , boum, boum boum ...

  • Des portes qui s’ouvrent seules ...

  • Un piano qui joue une note tout seul ...

  • Des objets qui bougent tout seuls comme ce fauteuil roulant ultra creepy ...

Joseph est FURIEUX et la maison agit comme une extension de sa colère.

Ce n’est pas une entité démoniaque : c’est un môme assassiné et tout ce qu’il fait dans le vieux manoir découle de sa douleur, de son sentiment d'injustice et de son incapacité à “passer”.

Joseph n’est pas un fantôme qui hurle ou erre dans les couloirs en gémissant.
Il se manifeste par des signaux répétés comme un enfant qui n’arrive pas à parler et qui tape pour attirer l’attention.

Et la seule fois ou il prendra la parole va donner lieu à une des scènes les plus mémorables de The Changeling : la séance de spiritisme au cours de laquelle une médium entre en contact avec Joseph . 

Il n'apparaitra pas en hurlant au cours de cette séance . 

Le film n'a pas besoin de ce genre de conneries pour lui donner "vie".

Par contre il va se manifester via une session d'écriture automatique terrifiante puis en murmurant des sons inaudibles durant la séance mais que John entendra en réécoutant les enregistrements qu'il a fait ce soir là et je t'assure qu'entendre cette voix d'outre tombe est un PUR moment de terreur.

Joseph me terrifie à chaque fois que je regarde ce film parce qu'il incarne tout ce qui me fait flipper en matière de Fantômes ...

Il ne se montre pas outrageusement en roulant des yeux blancs tout en hurlant ...

Joseph c'est ...

Juste des bruits, des objets, une musique, une présence.

Comme les vrais fantômes qui restent dans les maisons longtemps et observent les vivants ...

Il est invisible mais est présent partout et la maison semble "respirer " avec lui ...

En plus c'est un enfant et les mômes fantômes c'est ultra creepy ...

Il communique comme un petit bonhomme incapable de s’exprimer autrement que par des actes violents ou répétitifs et pour que John prenne conscience de sa présence il produit ces sons ultra angoissants comme ces boum boum boum, dans les murs de la vieille maison ...

Même si l'on comprend rapidement que Joseph ne veut que se venger et qu'il ne fera pas de mal à John, ses manifestations n'en demeurent pas moins terrifiantes car après tout, c'est un PUTAIN de FANTOME, il est immatériel mais a le pouvoir de faire se mouvoir des objets , de pousser voire de tuer et comment tu fais pour kick une entité invisible de chez toi sérieus'ment ????     

Je l'ai déjà dit X fois ici je le sais MAIS un zombie ou un stremon ou un serial killer tu lui colles une bastos ou un bon coup de barre à mine dans les gencives assaisonné d'une belle estafilade bien ciblée au niveau de la jugulaire et c'est réglé  !!!

MAIS un fantôme ça ne se dégage pas aussi facilement !!!

T'as beau purifier ta piaule à coup de sauge ou d'eau bénite , qui te dit que le quidam fantomatique va décarrer ???

PERSONNE !!! 

A la fin du film, après que le manoir ait été détruit par les flammes et alors que tout devrait être purifié et clos ...  

Dans un silence total, parmi les décombres encore fumants, la petite boîte à musique de Joseph s’ouvre toute seule.
Et sa mélodie fragile recommence à jouer, exactement comme lorsqu’elle se déclenchait pour parler à John.

La caméra ne montre ni apparition, ni ombre, ni silhouette mais tout est dit.

Joseph n'est plus coincé dans la maison.

Il n’y a plus de murs, plus d’escaliers, plus de pièces scellées.
Sa prison matérielle n’existe plus m
ais son souvenir résiduel est toujours là.

La boîte qui joue, c’est ce qui reste de lui.
Pas pour effrayer mais peut être pour signifier qu'il ne souffre plus mais restera présent comme un écho ...

En conclusion :

On pense toujours que les fantômes veulent nous faire du mal.
Mais les plus dangereux ne sont pas ceux qui veulent nous tuer.
Ce sont ceux qui veulent exister ... 

Joseph n’a jamais quitté sa maison et il n’a fait que tendre la main, encore et encore, vers quiconque serait assez brisé pour la saisir.

John Russell l’a vu.
Il l’a entendu.
Il l'a compris.

Et maintenant, quelque part entre les pierres calcinées du manoir Carmichael, une mélodie continue de tourner, seule, dans la nuit.

Si un soir tu entends une petite musique dans l'air ...

Ecoute là.

Et n'oublie pas que certains enfants attendent depuis très, très longtemps.

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