Suekichi Terayama est un étudiant fauché et glandeur, qui préfére aller aider bénévolement une troupe de théatre amateuren tant que régisseur , plutot qu'user ses pantalons sur les bancs de la fac.
Un jour, il apprend de la bouche d'un homme de loi, qu'un obscur arriére grand pére décédé récemment a fait de lui son seul héritier , il lui légue le PACTOLE !! 450 millions de yen, a 3 conditions :
1) Suekichi doit obtenir son diplome universitaire.
2) Suekichi doit se marier .
3) Suekichi doit devenir un homme sérieux et droit ...
...

Dit comme ça , ça a l'air simple non? Mais l'héritage va vite rendre Suekichi soupçonneux quand a l'irruption soudaine dans sa vie, de la craquante Aya Hibino , une jeune femme mystérieuse, délurée , au caractére violent , passionnée, brulante , amoureuse ou juste vénale??

Suekichi va tenter de réunir les conditions demandées par le papi pour toucher le grisbi et se sortir de la mouise dans laquelle il est .Mais la présence d'Aya dans sa vie, sous sa couette , dans sa troupe de théatre , dans ses bras , va entrainer des situations plus tordues les unes que les autres , vibrante, envahissante , chaude comme la braise a ses heures , la donzelle va entrainer notre " héros " dans une danse langoureuse et passionnée, il n'aura plus une minute de repos , et peu a peu, va se laisser séduire par cette jolie fille aux longs cheveux noirs, qui picole comme un trou, fréquente de droles de gugusses, et joue de ses charmes sans pudeur ...
Au fil des 7 tomes de la série , Naoki Yamamoto entraine son lecteur a la découverte d'un univers étrange car trés " normal" , j'entends par la qu'on est a milles lieux des clichés , pas de super héros niais qui va sauver le monde, pas de gourdasse a sortir du pétrin , pas d'étoiles dans les yeux ( ou alors juste pour se foutre des clichés shojo manga ) , pas de romantisme ni de valeurs humaines niaises.
Ici , on cotoie des paumés, des gens qui galérent dans leur vie de tous les jours , qui ont des passions, des amours parfois tordus , des plans cul , on suit allégrement Suekichi a travers ses déboires, pour sourire , rire, s'exiter pour certains ( bah ouais , spa un manga pour les ti nenfants !!!) , les protagonistes ne sont pas androgynes, les traits sont plutot " réalistes " , caricaturaux souvent , mais toujours plaisant a voir, et puis on se laisse vite prendre au jeu d'Asatte Dance.
Asatte Dance ne fait pas rever au sens classique du terme, c'est une tranche de vie, la vie banale d'un mec paumé, confronté a des problémes normaux, fins de mois difficiles , factures a payer, amours contrariées, amis envahissants et sans géne qui viennent envahir sa tite vie , on découvre le triste quotidien des étrangers qui tentent de s'intégrer a une société qui ne veut pas d'eux, on devine l'angoisse de personnes qui ne veulent pas entrer dans un moule étouffant et luttent a leur façon contre les dogmes d'une vie d'adulte " responsable " , on sent la rage d'Aya , femme délurée qui veut vivre sa vie a sa façon, elle refuse de se cantonner au role de l'épouse modéle et sage qui attend son salaryman de mari a la maison en concoctant de bons petits plats ...Aya est une rebelle, elle crie a sa façon son envie d'etre elle meme , et affirme sa différence en se livrant a des galipettes pas toujours trés sages ...

Asatte Dance n'est pas a mettre entre toutes les mains, l'auteur Naoki Yamamoto est un transfuge de l'univers des " mangas pornos " , sous ses doigts , l'acte sexuel échappe totalement aux diktats du coit aséptisé et "sage " , ici , tout est montré, pas de mensonges, pas de censure, pas de scénes niaises et fades, Aya et Suekichi font l'amour a longueur de pages,l'acte est montré dans toute sa crudité et c'est d'autant plus plaisant ( pas dans le sens excitant du terme ) a voir , parce que les " scénes d'amuuuuur "véhiculée par les médias , ça saoule a force , zavez remarqué non? dans certains films /séries tv/manga , le beau male s'allonge gentiment sur sa belle femelle , les corps sont cachés par des draps, regards niais , sourires extatiques, chandelles et feux de cheminée...Mais jamais on ne voit les kleenex sales jetés ensuite sous le lit, on ne parle jamais d'odeur, de bruits zarbis , bref ça me saoule cette aseptisation de ze coit des fois , d'ou mon plaisir a lire Asatte Dance . ça peut choquer, déranger, déplaire ou exciter , moi j'ai bien aimé cet aspect du manga , parce que encore une fois, il ne s'agit pas de moments " shojo " , pas d'étoiles dans les yeux ni de poses altiéres , pas de Chojin non plus , juste un mec et sa donzelle qui prennent leur pied ...Je me rappelle de la déception d'un" pote irl " a qui j'avais prété Asatte Dance et qui me l'avait rendu en bougonnant que c'était nul, pas assez de baise etc etc ...Allez faire comprendre a ce débile profond qu'Asatte Dance est avant tout une HISTOIRE avant d'etre un vulgaire manga porno ... -_-

Mais la raison principale pour laquelle j'ai adoré ce manga, c'est Aya ..Avec Gally , et l'explosive Cixi dans " Lanfeust de Troy " ( hé ouais, je lis aussi des bds ) est un de mes personnages féminins sur papier favori ..
Elle est ..passionnante et passionnée, envahissante, fragile et forte a la fois, une jolie fille aux membres graciles, qui cache des trésors de passion, elle pleure, hurle, gueule , allume , séduit, sourit , danse allégrement sur un rythme que Suekichi peine a suivre , trop effrayé a l'idée de s'attacher a une femme aussi entiére , elle est craquante la tite Aya, quand elle pleure et grimace de dépit, quand elle joue les séductrices , quand elle a la gueule de bois, quand elle épuise son amant , quand elle pique ses coléres terribles et se barre en claquant la porte, pour mieux réapparaitre par la fenétre , son joli minois caché par une cascade de cheveux ..
On peut etre rebuté par le dessin de l'auteur, encore une fois, on est a milles lieues d'un shojo ou d'un shonen , le style est ultra réaliste( seinen powa , manga pour " adultes " ), cru dans sa simplicité mais Aya est toujours si jolie, étrangement fragile et délicate dans un univers de traits bruts , les visages des personnages semblent parfois a peine esquissés , mais la personnalité de chacun finit toujours par faire oublier ces légers défauts ...

Alors Suekichi réussira t'il a gagner le pactole, sauvera t'il sa troupe de théatre, réussira t'il a se libérer de l'étreinte d'Aya ...Qu'est ce qui est le plus important? Avoir une réponse a toutes ces questions dans le dernier volume, ou simplement se laisser entrainer dans la danse de la vie , dans l'étrange chorégraphie esquissée par deux coeurs paumés , deux corps en sueur ...?
A la fin, peu importe les réponses , tout ce qui compte , c'est de s'etre laissé aller a esquisser les pas d'une danse troublante et dangereuse , passionnante et épuisante , celle que l'on ne peut réellement vivre qu'avec l'Autre ...Méfiance, ça peut nous tomber dessus au moment ou on s'y attend le moins :)
On fini Asatte Dance avec un léger sentiment de tristesse , comme quand on quitte des " amis " , amertume , regrets , esquisse d'un sourire amusé , envie de danser encore un peu sans trop réflechir ?

Ha vui ! Cherchez pas d'illustrations graveleuses , spa faute d'avoir cherché certes, mais j'ai rien trouvé de sessuaile ;)
Bande de Pervers
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