Le seul événement négatif aura été le visionnage de Lost in translation qui est une sacrée belle bouse intersidérale remplie de VIDE ... ( vui je sais je devrais me contenter de dire " je n'aime pas ce film " au lieu d'utiliser de tels qualificatifs seulement voila j'peux pas faire taire cette voix en moi qui a juste envie de hurler " MAIS QUELLE MERDE CE FILM SANS DECONNER !!!!!!!!!!!! " )
Heureusement pour moi et mon neurone , j'ai eu la chance par la suite de découvrir un joli chti film venu de Thaïlande qui a totalement effacé de ma mémoire la tronche de constipé de Bill Murray ...
Et ce film c'est " Le Pensionnat " de Songyos Sugmakanan ( fiouh va falloir que je trouve le moyen de ne pas avoir a retaper le nom de ce réalisateur x fois dans ce sujet !! :p ) ...

Ze pitch : Chatree ( prononcer Chatrii ) est âgé de 12 ans quand il est envoyé par ses parents dans une école / pension a cause de ses résultats scolaires faiblards et de " légéres " tensions entre lui et son pére ...
Le jeune garçon va vite réaliser que le Pensionnat ou il va désormais vivre n'est pas habité que par des enfants et que quelque chose erre dans les couloirs ...
GAFFE JE SPOILE UN PEU / BEAUCOUP CI DESSOUS !!!
BON !!!!
Par ou j'commence ...
Ha je sais ...
Si tu espéres sursauter en voyant surgir un éniéme et ennuyeux fantôme asiatique aux cheveux longs et sales alors passe ton chemin , le Pensionnat n'est pas fait pour toi ...
Et si tu fais partie de ces personnes incapables d'apprécier les fables poétiques et tristes parlant de cette période dorée qu'est l'enfance ben pareil qu'au dessus , passe a autre chose ...
Quiconque a vu " l'échine du diable " du génialissime Guillermo Del Toro ( je t'aimeuh !) va sourciller en lisant le pitch ci dessus , il y a en effet de sacrées ressemblances entre ces deux films : un jeune garçon arraché a son univers pour être envoyé dans un établissement scolaire lointain , une piscine ( un lavoir dans le film de Del Toro ) et un Fantôme ( Brrrrr Santi !!! ) , les deux réalisateurs racontent a leur façon comment un enfant va s'affranchir de son " simple " statut de gamin en étant confronté aux réalités pas glop des adultes ...
Le Pensionnat n'est absolument pas un film terrifiant , il y a certes un Fantôme qui se balade dans l'école mais tous les aspects fantastiques liés a sa présence ne servent qu'a mieux accompagner le passage ( douloureux ) de l'enfance a l'adolescence de Chatree qui va devoir accepter l'idée que le monde n'est pas aussi simple et beau qu'il l'imaginait et que certains êtres humains que l'on croit infaillibles peuvent commettre des erreurs ...
Le film de ( attention !! ) Sugmakanan ( wéééé !) parle de Fantômes mais pas seulement d'esprits joueurs , il parle surtout de ces êtres humains parfois trés proches auxquels on ne porte pas de véritable attention et qui deviennent des ombres , la relation qui se noue entre Chatree et son ami Fantôme ( imaginaire ? ) coule de source puisque ces deux la ont en commun de ne pas être perçus par leur entourage respectif ...

Cette amitié étrange est franchement fascinante car trés représentative de l'enfance : Chatree accepte facilement la présence de ce Fantôme a ses côtés , cela semble couler de source pour lui d'avoir la possibilité de papoter et de jouer avec l'esprit d'un garçonnet mort , cette facilité déconcertante avec laquelle il accepte ce fait m'a rappellée les jeux de Mei et Satsuki avec Totoro , ces trois gosses se ressemblent beaucoup de ce point de vue la je trouve ...
Le Pensionnat est rempli de scénes qui marqueront forcément la mémoire du spectateur doté d'un minimum de sensibilité comme par exemple le passage du cinéma en plein air avec cette foule de gamins sursautant de concert aux moments les plus effrayants ( qui n'a jamais relevé ses pieds de peur que quelque chose ne surgisse pour les attrapper ? ) ..
D'autres passages font rêver ( le concert de cris de chiens dirigé par le Fantôme ) ...
Et certaines font grimacer ( l'ami de Chatree doit revivre chaque soir sa mort ) ...
Jamais ( attention ! ) Songyos Sugmakanan ( wééé ! ) n'utilise d'effets spéciaux a la con , il n'a pas besoin de cela pour amuser et séduire , il fait appel a la sensibilité de son spectateur et tente d'éveiller l'enfant qui somnole en nous , Cf le concert des chiens dirigé de main de maitre par un Maitre d'orchestre fantôme ......
La réalisation est simple mais efficace , le film ne " péte pas plus haut que son cul " ( s'pas comme lost in truc par exemple ) , la reconstitution de ce Pensionnat et du mode de vie quasiment militaire des gamins envoyés la bas fait froid dans le dos , mais en même temps on ne peut s'empêcher d'envier les amitiés qui se nouent et les jeux de ces gosses qui continuent a jouer quoi qu'il arrive et qui ont Leur Monde bien a eux , un chti monde que les Adultes ne peuvent pas ( plus ) comprendre ...

Les acteurs sont irréprochables , énooorme coup de coeur pour la team de gamins ( fantôme compris ) qui sont tour a tour hilarants , attachants , émouvants , gosses et naturels jusqu'au bout de leurs ongles sales ...
Les deux personnages adultes principaux ( la directrice du pensionnat / le pére ) sont eux aussi trés touchants a leur façon , chacun portant sur ses épaules le poids immense d'une culpabilité et de remords qui les empêche de sourire , Chatree les délivrera de leurs fardeaux en leur apportant le pardon dont ils avaient tant besoin ...
J'ai lu quelque part que ( attention !) Songyos Sugmakanan ( wéééé !) avait été envoyé dans un établissement similaire pendant son enfance , peut être est ce a cause de cela qu'il a su si parfaitement retranscrire a l'aide de plans simples et touchants le désarroi que ressent Chatree ( le regard qu'il jette sur la voiture qui s'éloigne avec sa famille a bord , la toilette sommaire avec les larmes qui se mêlent au savon ... ) .
Cette tranche de vie d'un gamin Thaïlandais m'a séduite de bout en bout , on ne sombre jamais dans le lacrymal gnagnan ( genre Térabithia qui m'a laissée de marbre ) ni dans la facilité , la sensibilité avec laquelle Sugmakanan dépeint le passage pas facile de l'enfance a l'adolescence est réellement touchante car sobre et pleine d'une magie qui laissera perplexe ceux et celles qui ont oublié leurs jeux d'enfants ( les pauvres ... ) .
Et la ou Del Toro abandonnait ses héros en route vers un avenir ô combien incertain , Sugmakanan conclue son chti film sur l'image d'un enfant qui tel Chihiro a vécu moultes épreuves qui l'ont changé imperceptiblement et qui va avancer vaille que vaille en souriant ...
A voir en VOSTF of course !
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