Et si on se posait à la fraiche pour papoter cinéma aujourd'hui ?
Et cette fois-ci je ne vais pas te parler de shark movies ou de found footage ou de J Horror mais bel et bien de cinéma horrifique à l'ancienne avec ...
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Le Pitch : Après que son époux ait disparu mystérieusement le jour de leur mariage 20 ans auparavant , Louise vit avec son tyrannique daron paraplégique tout en travaillant dans une bibliothèque en espérant le retour salvateur de Robert le cher disparu ...
GAFFE SPOILERS POUSSIÉREUX CI-DESSOUS !!!
The Attic aka les 13 marches de l'angoisse en français est un film américain sorti en 1980 scénarisé par Tony Crechales et Georges Edwards qui s'est également chargé de la réalisation.
A l'écran nous avons l'incroyable Carrie Snodgress qui prête ses traits graciles à Louise le personnage principal ...
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Et face à elle il y a Ray Milland aka le père de Louise ...
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Leurs visages te seront peut être familiers car on peut les croiser dans pas mal de films/séries tv.
Ils sont entourés par Ruth Cox dans le rôle de l'amie de Louise Emily ...
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Et on peut aussi croiser fugacement la toujours aussi délicieuse Frances Bay qui campe une des collègues de Louise ...
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Mais trêve de bavardage , allons droit au but ...
The Attic est une BAFFE .
Je ne m'attendais à rien de précis en lançant le film en ce mercredi après midi ensoleillé volets fermés afin de mieux apprécier la pelloche , on a vaguement jeté un œil sur le pitch et roulez jeunesse ...
Peut être pensais je voir un énième sympathique film de maison hantée ou un truc dans le genre mais non ...
Pas de boogeyman ni de fantômes au sens traditionnel du terme , pas de geysers de sang , d'araignées velues , d'entités malfaisantes et flippantes , " juste " une femme brisée persécutée par un père tyrannique et essayant désespérément de s'accrocher à cet espoir de revoir un jour son époux disparu revenir l'arracher à cet infernal quotidien dans lequel elle " vit" ...
Et elle est là l'horreur la vraie : La vie de Louise est HORRIBLE , elle est hantée rongée habitée par les souvenirs de son amoureux disparu et pleure toutes les larmes de son corps , seule dans sa chambre de vieille petite fille pleine de peluches de singes abimées par les années ...
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Et quand elle ne verse pas de larmes elle doit endurer la tyrannie d'un père manipulateur menteur et maltraitant qui a fait de Louise son esclave docile ...
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Carrie Snodgrass livre ici une performance hallucinante via le personnage de Louise qu'elle réussi à rendre si émouvante et inquiétante que j'ai eu plusieurs fois envie de " rentrer dans le film " pour lui prendre la main et l'emmener loin des horreurs qu'elle vit et imagine ...
Tout en elle n'est que tristesse , son visage ses cheveux ses fringues sa posture ses regards et j'ai adoré sa performance ....
Face à elle Ray Milland est IMPÉRIAL dans le rôle du père bourreau exigeant et aimant mettre le doigt là ou ça fait mal en culpabilisant encore et toujours sa "chère " enfant afin de s'assurer qu'elle lui reste soumise ...
Ces deux là portent le film sur leurs épaules et leurs échanges sont souvent tellement insupportables que les rêveries de la pauvre Louise s'imaginant trucidant le daron sont comme des bouffées d’oxygène bienvenues ...
Au centre de la pelloche d'Ewards on retrouve la thématique de la manipulation et de la tyrannie imposée à un enfant par un parent , thématique souvent difficile à évoquer car on a toujours eu cette image des Parents parfaits qui ne feront jamais de bobo à leurs gosses surtout aux states ...
Du coup quand certaines œuvres égratignent cette image des parents idylliques on est un peu gêné aux entournures tu vois ?
Dans Christine de Stephen King on a une mère castratrice et dans Carrie du même auteur on a de nouveau une mère cette fois ci hystérique et folle de dieu ...
Et ici on a un père malaisant au possible qui passe son temps à renvoyer à sa fille qu'elle n'est qu'une moins que rien une ratée et qui en remet une couche quand il perçoit qu'elle a une envie de liberté ...
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J'ai trouvé cela absolument immonde et dérangeant ...
Dans The Crow Eric Draven sermonne une junkie incapable d'élever sa fille et lui rappelle que " maman est le nom de Dieu dans la bouche d'un enfant "et l'on peut ici remplacer maman par papa d’où l'incapacité pour Louise de fuir ce padre devenu une figure presque divine à ses yeux ou du moins une figure infernale à laquelle elle ne pourra jamais échapper parce que captive d'une pseudo culpabilité ou trop fragile ou trop lâche donc elle attend , telle une princesse brisée et souillée , son prince charmant qui ne viendra jamais ...
La réalisation de Georges Edwards est sobre avec parfois des éclats de folie comme lors de la scène avec le singe géant ou lors de la visite finale du grenier
le rythme très lent de son film installe une ambiance pesante qui fera fuir beaucoup de monde mais qui moi m'a juste scotchée au point que je n'ai pas vu le temps passer ...
Évidemment , du fait de l'âge de la pelloche , le voyage dans le temps est total que ce soit au niveau des fringues (mention spéciale au marin croisé par Louise avec son petit costume trop choupi) , des voitures ou des coupes de cheveux et on notera aussi et surtout ce moment complétement WTF ou Louise s'extasie devant un singe dans une animalerie, singe que sa jeune amie Emily ( son clone en plus jeune) va s'empresser de lui offrir , j'ai jeté un œil sur le net et OUI à l'époque on pouvait acheter des singes comme on achète une paire de shoes ce qui m'a laissée sans voix et m'a rappelée aussi ce souvenir d'un mec à Coulogne ou j'ai grandi petite qui avait lui aussi un foutu singe dans son APPARTEMENT ...
Le tout est porté par une musique parfois pesante avec en prime des chansons ultra 80's qui font un peu sourire de par leur côté kitchissime ...
Bref ...
Certains parents porteront leurs enfants à bout de bras en leur offrant amour sécurité éducation et d'autres feront de leurs mômes des objets qu'ils briseront à coup de talons et de mots cruels ...
Il n'y a pas de pire horreur que celle qui se cache derrière les portes closes de certaines demeures qu'elles soient miteuses ou cossues , des endroits qui recèlent d'horribles secrets qui rendent fous ...
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Et c'est ça la force de The Attic , c'est une surprenante et inattendue plongée en apnée dans la psyché troublée et le quotidien infernal de cette femme que j'ai trouvé incroyablement touchante et dérangeante...
En conclusion:
The Attic n'est pas un film d'horreur , c'est plutôt une étude de cas , un drame psychologique sur une femme névrosée torturée et hantée qui a tenté de s'en sortir sans jamais y arriver et dont le seul vague réconfort final sera d'avoir enfin trouvé la vérité , vérité qui va sûrement la mener dans un asile ...
J'ai vu au fil de mes recherches sur ce film que beaucoup de personnes l'ont vu très jeunes et sont restées marquées à vie par The Attic ...
Je te déconseille vivement de matter la pelloche de Georges Edwards si tu ne te sens pas bien dans tes pompes parce que son ambiance va te bouffer et te coller au corps après le visionnage ...
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